LAS, LAZ ou COPC : choisir le bon format LiDAR pour la classification

Un bloc LiDAR peut vivre dans plus d'un contenant, et le contenant détermine la vitesse à laquelle il circule, l'espace qu'il consomme et la facilité avec laquelle un collègue peut l'ouvrir. LAS, LAZ et COPC sont les trois que l'on rencontre en production d'arpentage et de cartographie. Le point rassurant : les codes de classification voyagent inchangés à travers les trois. Un point classé sol reste sol, qu'il se trouve dans une livraison LAS brute, une archive LAZ compressée ou un fichier COPC diffusé dans un navigateur. Le choix du format porte sur la taille, la vitesse et l'accès, jamais sur le sens des données.
LAS : le standard d'échange de l'ASPRS
LAS est le format d'échange ouvert publié par l'ASPRS ; la version actuelle est LAS 1.4. Chaque enregistrement de point stocke bien plus qu'une coordonnée : à côté de X, Y, Z, un point porte l'intensity, le numéro de retour, l'angle de balayage, le GPS time et le champ qui compte le plus ici, la classification. Les formats d'enregistrement modernes (6 à 10) stockent la classe sur un octet complet, valeurs 0 à 255 ; les anciens formats la plafonnaient à 5 bits.
Ce qu'il faut retenir du LAS : il n'est pas compressé. Chaque point occupe les mêmes octets fixes, que la scène soit un champ nu ou une forêt dense ; une acquisition aéroportée moderne produit donc de très gros fichiers. Parfait pour un capteur qui écrit du brut et pour des lectures locales à pleine vitesse. Lourd à stocker, lent à déplacer.

LAZ : les mêmes données, compressées
LAZ est du LAS passé par une compression sans perte (le codec ouvert LASzip). Sans perte est le mot clé : chaque point, attribut et code de classification revient bit pour bit. Le gain, c'est la taille. Un fichier LAZ est typiquement plusieurs fois plus petit que son LAS, souvent 5 à 10 fois selon les données, ce qui explique que la plupart des livrables de fournisseurs et des portails publics distribuent du LAZ.
Le compromis, c'est le calcul : les points se décompressent à chaque lecture et se recompressent à chaque écriture. Négligeable pour une lecture unique, bon à savoir pour un flux qui réécrit le même bloc plusieurs fois.
COPC : un seul fichier conçu pour la diffusion
COPC (Cloud Optimized Point Cloud) se comprend mieux comme une variété particulière de LAZ. C'est un fichier LAZ 1.4 valide dont les points sont réorganisés en octree, la hiérarchie de l'arbre étant stockée dans le fichier. Comme il reste du LAZ conforme, il s'ouvre dans n'importe quel lecteur compatible LAZ comme un nuage ordinaire.
Ce que l'octree procure, c'est l'accès sélectif. Une visionneuse peut diffuser un fichier COPC sur HTTP ordinaire, en ne tirant que les plages d'octets nécessaires, et lire au niveau de détail choisi : un aperçu grossier d'un bloc immense d'abord, des nœuds plus fins seulement là où l'utilisateur zoome. Un seul fichier sur un serveur sert à la fois l'aperçu rapide et la pleine résolution, sans que personne télécharge des gigaoctets sur sa machine.
Les trois d'un coup d'œil
| Format | Structure | Taille | Diffusion | Usage typique |
|---|---|---|---|---|
| LAS | Non compressé, un enregistrement fixe par point | La plus grande | Non | Sortie brute de capteur, lectures locales rapides |
| LAZ | Compression LASzip sans perte du LAS | Plusieurs fois plus petite | Non | Archivage, livraison, transfert réseau |
| COPC | LAZ 1.4 réorganisé en octree | Identique au LAZ | Oui (plage HTTP, niveau de détail) | Visionneuses web, inspection à distance |

Choisir un format pour un flux de classification
Le choix se règle selon trois étapes du projet :
- Arrivée et livraison. Les livrables arrivent couramment en
LASouLAZ, et leLAZest le défaut raisonnable pour l'archivage et les remises : petit, sans perte, lisible par pratiquement tous les outils. - Classification active. La classification est un travail local par blocs : lire un bloc, modifier les classes, réécrire le résultat. Les trois formats préservent les codes à l'identique ; la décision porte donc sur la vitesse de lecture/écriture face au stockage. Beaucoup d'équipes gardent les blocs de travail en
LAZ; certaines passent un bloc fortement itéré enLASnon compressé pour des relectures plus rapides. - Révision et partage. Pour laisser collègues ou clients inspecter un bloc classifié sans expédier le fichier entier, le
COPCest le format conçu pour cela.
C'est pourquoi un outil de classification doit s'accommoder des trois. Vecten Desktop ingère des blocs LAS, LAZ et COPC pour un traitement local par blocs et publie des sorties classifiées dans la même famille, de sorte que le format d'arrivée d'un bloc ne dicte jamais la façon de le traiter ni de le transmettre. Le contenant se choisit selon le besoin du moment ; la classification qu'il transporte reste constante du premier balayage au livrable final.

